Mission
Jacob et Wilhelm Grimm, dits les frères Grimm, sont parmi les conteurs les plus connus de l’Occident moderne. On leur doit les versions modernes du Vaillant Petit tailleur aussi bien que de Hansel et Gretel. À la fois philologues et linguistes (Jacob Grimm a conçu la Loi Grimm, révolutionnaire dans ce domaine), leur travail en diachronie sur les imaginaires populaires est des plus novateurs et constitue un apport anthropologique de premier plan. C’est en s’appuyant sur les travaux des Grimm que William Thoms allait créer, en 1846, le néologisme « Folklore » (« folk » : peuple ; « lore » : connaissance) au cœur d’une compréhension de la culture à l’ère moderne.
Le GRImM s’autorise de son nom pour faire de cette démarche des Grimm le geste de sa recherche. Nous entendons, dans une diachronie large (du XVIe au XXIe siècles, correspondant aux Modernités), interroger à de nouveaux frais une notion épistémologiquement évidente, mais néanmoins problématique : la culture.

Entre la culture dans son acception anglosaxonne (dans un sens anthropologique) et son acception française (dans un sens normatif : la Culture exclut de facto ceux qui ne la possèdent pas), le terme est associé à des médiatisations (le livre : intimidant) et à des effets de corruption (la kulturindustrie de l’École de Francfort), en même temps qu’elle est porteuse d’identité (Trois-Rivières : ville d’histoire et de culture) et, truisme postmoderne, continuellement en crise (Hanna Arendt, 1970) quand elle ne constitue pas une tragédie (Simmel, 1915). La culture est par ailleurs contestée sur le plan conceptuel par des notions concurrentes comme l’imaginaire, les pratiques et les usages, ou est réduite parfois à une simple idéologie quand ce n’est à un instrument de distinction sociale.
Fort de notre équipe interdisciplinaire, allant de la philosophie aux arts visuels, en passant par l’histoire des idées, l’histoire de l’art, la littérature, la linguistique, la sociologie et la sémiotique, nous travaillerons au sein d’une programmation rigoureuse à poser la question de la culture dans ce qui prendra la forme d’une recherche fondamentale, innervée par les chantiers respectifs des cochercheur.e.s du groupe.
Par ailleurs, comme les frères Grimm, notre groupe naît de l’union entre deux expertises distinctes, issues de deux laboratoires, dont il convient de rappeler la mission.
Origine
Le Groupe de recherche sur les imaginaires modernes (GRImM) résulte du regroupement de deux laboratoires agréés et financés par l’UQTR, le Laboratoire sur l’histoire et la pensée modernes et le Laboratoire de recherche sur les publics de la culture, dont les travaux témoignent de nombreux points de convergence.
Le premier laboratoire oriente ses travaux autour de la Première Modernité, c’est-à-dire d’une période historique qui va de l’expansion européenne du XVIe siècle jusqu’aux révolutions américaine et française de la fin du XVIIIe, puis industrielle du XIXe siècle. Plusieurs événements majeurs en sont l’expression : l’entrée de l’humanité dans un espace-monde, avec notamment les premiers contacts entre Européens et peuples autochtones des Amériques ; les débuts de l’accès des femmes à la culture savante, l’essor des sciences expérimentales ou encore la formation d’États modernes et démocratiques, fondés sur la reconnaissance de droits individuels, mais également engagés dans une logique d’expansion coloniale.
Le second de ces laboratoires rassemble des chercheurs qui s’intéressent à la constitution et à l’évolution des publics dans l’ensemble du champ culturel de la seconde modernité (XXe et XXIe siècles), qu’il s’agisse du champ de production restreinte ou de masse. Préoccupés par les mutations sociales, esthétiques et technologiques que connaissent, de nos jours, les institutions et les pratiques culturelles, les chercheurs de ce laboratoire ont pour objectif d’étudier cette question multidimensionnelle en fonction de trois axes : 1) esthétique ; 2) communication et éducation ; 3) numérique. Ils entendent ainsi apporter une nouvelle vigueur aux études sur la réception culturelle par les différents publics. Le projet de regrouper ces deux unités de recherche s’est imposé à leurs membres en raison des bénéfices qu’induit une dynamique interdisciplinaire fondée sur un enrichissement mutuel entre sciences humaines et pratiques associées au champ culturel. De fait, ce nouveau regroupement doit permettre de faire entrer en dialogue plusieurs secteurs essentiels des sciences humaines (linguistique, études littéraires, philosophie, histoire, histoire de l’art et sémiotique) avec le monde des pratiques culturelles (arts visuels, arts du spectacle et création littéraire). Cette dynamique interdisciplinaire définit le GRImM en lui conférant une originalité, une envergure et une pertinence.
Nos membres
Chercheur·es universitaires

Anne-Sophie Bally
Linguistique
Université du Québec à Trois-Rivières

Mathilde Barraband
Études littéraires
Université du Québec à Trois-Rivières

David Bélanger
Études littéraires
Université du Québec à Trois-Rivières

Marc André Bernier
Études littéraires et histoire des idées
Université du Québec à Trois-Rivières

Jessie-Mélissa Bossé
Arts visuels
Université du Québec à Trois-Rivières

Léonore Brassard
Études littéraires
Université du Québec à Trois-Rivières

Emmanuelle Caccamo
Sémiotique
Université du Québec à Trois-Rivières

Syliane Charles
Philosophie
Université du Québec à Trois-Rivières

Lise Fontaine
Linguistique
Université du Québec à Trois-Rivières

Evelyne Gagnon
Études littéraires
Université du Québec à Trois-Rivières

Hervé Guay
Études théâtrales
Université du Québec à Trois-Rivières

Marie-Claude Lapointe
Sociologie et communication
Université du Québec à Trois-Rivières

Jason Luckerhoff
Communication sociale
Université du Québec à Trois-Rivières

Guilherme Moerbeck
Histoire et éducation
Université du Québec à Trois-Rivières

Anne-Marie Nolet
Psychologie
Université du Québec à Trois-Rivières

Mélodie Simard-Houde
Études littéraires
Université du Québec à Trois-Rivières
Collaboratrices et collaborateurs
Andrée-Anne Audy-Trottier
Charlène Deharbe
Marie-Hélène Forget
Kim Gladu
Étudiant·es
La liste des membres étudiants du GRImM sera mise à jour sous peu.
Gouvernance
Le GRImM est codirigé par Anne-Sophie Bally et David Bélanger, respectivement directrice du Laboratoire sur les publics de la culture et du Laboratoire sur l’histoire et la pensée modernes.
Cette direction bicéphale est accompagnée par un Comité exécutif et scientifique participant à la préparation et la validation des budgets, aux jurys de bourses et aux octrois de financement. Ce comité est constitué des co-directeurs ainsi que d’Emmanuelle Caccamo et de Marie-Claude Lapointe.
